Viviane est éleveuse de chèvres depuis plusieurs années. Chaque jour, elle s’occupe de ses animaux et de la fromagerie familiale, la chèvrerie d’Ozo. Depuis 7 ans, elle a aussi ajouté une nouvelle activité à son exploitation : l’agriculture sociale. Chaque semaine, elle accueille Antoine, une personne en difficulté. Au fil du temps, c’est une véritable connexion qui s’est mise en place.
Dans cet entretien, Viviane nous raconte son parcours et sa relation particulière avec la personne qu’elle accueille. Elle met en avant l’importance de cette rencontre et des activités communes.
Il y a 7 ans, alors que Viviane traversait une période compliquée, elle découvre l’agriculture sociale. Moins active dans la ferme, elle a vu dans cette pratique une opportunité de partager son cadre de vie. La rencontre avec Antoine a été décisive : « Dès le début, ça a matché. Sans beaucoup se parler, on s’entendait bien. »
Au fil des années, un lien fort s’est créé. Antoine est présent chaque semaine, fidèle au rendez-vous. Ensemble, ils ont instauré des rituels simples mais précieux :
« Tous les lundis, on joue à Uno. Que ce soit avec nos enfants ou des amis de passage, c’est devenu un moment incontournable. »
Ces instants de convivialité ont permis à Antoine de s’ouvrir, de prendre confiance et de trouver sa place. Petit à petit, c’est un lien presque familial qui s’est créé.
Viviane souligne les bienfaits visibles : Antoine est plus autonome, il prend des initiatives, aide spontanément à la maison et a pu s’installer seul dans un appartement. Sa soeur, restée au Togo, lui a même confié : « Merci, parce qu’Antoine, vous êtes sa famille en Belgique. » Un témoignage qui l’a profondément touchée.
Antoine fait maintenant parti du quotidien de la ferme : il aide à la fromagerie, et les lundis midi sont devenus un moment convivial.Si avant Viviane prenait son repas sur le pouce, ils prennent maintenant le temps de partager un vrai repas et de faire une pausedans leur journée.
Cette pratique a aussi changé le rythme de la ferme : « Chaque lundi, nous préparons un repas chaud pour partager avec lui. Enl’accueillant, nous avons appris à nous accueillir nous-mêmes, à ralentir et à prendre le temps. » C’est une véritable aventure humaine qu’elle vit, et n’imagine pas l’arrêter aujourd’hui.
Aujourd’hui, Viviane voit l’agriculture sociale comme une expérience humaine unique. Elle incite d’autres agriculteurs à s’engager : « Il ne faut pas chercher la rentabilité. Mais si on veut créer un autre lien, alors faites-le, assurément. »