A coeur ouvert

Gilles Remacle - Agriculteur laitier et accueillant en agriculture sociale

Chez Gilles Remacle, l’agriculture ne se résume pas à la production de lait : elle devient un véritable espace de vie et de partage. Sur son exploitation, les champs ne sont pas seulement cultivés, ils sont aussi le terreau d’un engagement profond en faveur de l’inclusion et du lien social. Gilles pratique l’agriculture sociale avec conviction, en accueillant une à deux fois par semaine un jeune en difficulté. Son objectif ? Offrir un cadre structurant, bienveillant… et profondément humain. 

Dans cet entretien, Giles nous parle de sa relation avec l’agriculture sociale, et du quotidien avec les jeunes qu’il accueille. Grâce à sa démarche, il devient un véritable créateur de lien social, et propose aux jeunes un cadre naturel et bienveillant, dans lequel ils peuvent s’épanouir.

« C’est une ouverture d’esprit, au-delà de se centrer sur son métier », confie Gilles avec simplicité. « Le garçon que j’accompagne, ça l’aide à sortir de ses quatre murs, à s’épanouir. Et pour moi, c’est aussi une aide, même si je dois adapter mes tâches. On fait du rangement, du nettoyage… pas de travaux avec machines. »

Ici, on prend le temps. Le temps de se découvrir, de tisser des liens, de construire une relation basée sur la confiance et le respect. Loin des impératifs de rentabilité, Gilles met en avant la richesse de l’échange :

« Ce n’est pas une main-d’oeuvre “ facile”, il faut avoir envie de donner du temps, de partager. C’est un vrai partenariat. Le but, c’est qu’il puisse se réinsérer. »

Et ce partenariat, justement, transforme les deux parties. L’agriculteur et le jeune avancent ensemble, chacun nourrissant l’autre de son vécu, de ses émotions, de ses espoirs : « On partage nos parcours. C’est un beau partage humain à chaque fois. Il se confie, ça lui fait du bien, et à moi aussi. »

Les effets de cette démarche sont tangibles. Gilles a vu le jeune évoluer, gagner en confiance, en autonomie : « Depuis qu’il vient ici deux jours par semaine, son infirmière en chef m’a dit qu’il avait beaucoup évolué positivement. » 

Ce cheminement ne se fait pas en un jour. Il demande de la patience, de l’écoute, une capacité à s’adapter « Ce n’est pas immédiat. Il faut faire connaissance, voir ce qu’il aime faire. Mais ici, il travaille, il est utile. Il est fier du travail accompli. » 

Et pour celles et ceux qui hésitent à se lancer dans l’agriculture sociale, Gilles partage un conseil empreint de sagesse : « Il faut vouloir un vrai échange. Si c’est juste pour de la main-d’oeuvre, ça ne sert à rien. Il faut que ce soit gagnant-gagnant. »

À travers son témoignage sincère et profondément humain, Gilles nous rappelle que l’agriculture sociale, c’est avant tout une histoire de coeur. Une autre manière de vivre son métier, un autre rythme, un autre regard… et une immense dose de respect.