Guillaume est maraîcher dans la région de Spa-Francorchamps. Chaque jour, il cultive ses légumes au rythme des saisons, seul au champ. Mais depuis 4 ans, il pratique l’agriculture sociale. Il accueille chaque semaine des personnes en situation de burn-out. C’est l’occasion pour tous de faire de nouvelles rencontres et de changer leur quotidien. Au sein de son exploitation, les personnes que Guillaume accueille découvrent un cadre naturel, calme et apaisant, où elles peuvent agir et se sentir utiles.
Dans cet entretien, Guillaume nous raconte comment sa pratique crée des liens entre lui et les participants, mais aussi comment ce lien devient un allié vers le rétablissement des participants.
Guillaume a découvert l’agriculture sociale lors d’un stage. Peu après s’être installé dans son exploitation, il rejoint lui aussi le réseau, et devient une ferme d’accueil. En accueillant les participants chez lui, il brise à la fois sa solitude et la leur : “Je travaille seul au champ, et du coup, ça me fait aussi un peu de compagnie”.
Au début appréhensif, il est rapidement rassuré par l’accompagnement et les personnes qu’il rencontre. Comme lui, elles sont souvent seules au quotidien et ces moments collectifs sont l’occasion de partager les expériences et de créer des liens durables.
Guillaume place désormais le contact humain au centre de sa pratique :
« Le fait de discuter, de donner un peu de responsabilités, de les impliquer… ça change tout. Quand je leur dis merci, tu m’as vraiment bien aidé aujourd’hui, je vois qu’ils repartent le sourire aux lèvres.»
Grâce à ses activités, les participants retrouvent l’envie d’agir et le sens des responsabilités : “Je leur pose des questions, leur demande leur avis, voir comment ils feraient eux. Ils apportent un peu leur touche, donc ils se sentent déjà impliqués.”. Chacun apporte ses idées pour avancer ensemble.
Cette pratique a aussi changé son propre rythme de travail : « Quand ils sont là, j’adapte ma journée. Je propose plusieurs pistes selon leur humeur ou leur envie. L’important, c’est qu’ils prennent du plaisir. »
Aujourd’hui, Guillaume souhaite continuer l’agriculture sociale. Ces rencontres sont devenues une partie de son quotidien, et lui permette de changer sa routine. Les expériences de chacun et les activités en collectif sont indissociables de son activité.
Il invite d’autres agriculteurs à inclure l’agriculture sociale dans leur pratique : « Lancez-vous. C’est un bel échange. Ça demande de la patience, mais ça en vaut vraiment la peine. »